La vieille usine

Nouvelle littéraire que j’ai écrite, publiée dans le journal étudiant de mon CÉGEP.

Journal Le Phoque

Benjamin Villeneuve

Je ne sais plus ce que je ferai désormais. Je ne peux plus dormir, mes membres s’affaiblissent ; je ne suis plus capable de penser à l’avenir, à ce qui arrivera bientôt ou plus tard. Je ne peux que me remémorer ce qui s’est passé durant les derniers jours – repasser sans cesse le même film sans même pouvoir le comprendre. Le peu d’énergie qui me reste dans les bras me servira donc à raconter par quelles circonstances je me suis retrouvé ici.

C’était, voyez-vous, à l’aube d’un jour d’été que je quittai le porche de ma maison vers la forêt. Je devais me rendre à l’Étape, qui se trouvait à quelques jours de marche. On se croyait en automne tellement le temps était gris, mais il n’y avait d’orange dans le paysage que le ciel à l’horizon. Le rythme de mes pas suivait étroitement celui de ma…

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New York : essai à la photographie urbaine

Si je peux me permettre ce titre d’« essai à la photographie urbaine » (c’est seulement pour dire que j’ai pris des photos dans New York) ; au cours de mon voyage dans cette ville qu’on a même pas besoin de présenter, j’en ai profité pour m’amuser à prendre des centaines de photos de tout et de rien. Autrement dit, de vraiment n’importe quoi.

« Je photographie pour savoir à quoi ressemblera quelque chose une fois photographié. » – Garry Winogrand (1928-1984)

Garry Winogrand était un photographe de rue américain. Après ce que vous venez de lire, vous pouvez remarquer que cette citation s’applique parfaitement à la manière dont je procédais à New York.

Alors oui, j’ai photographié n’importe quoi, mais il y avait aussi dans mes photos beaucoup de bâtiments et d’éléments architecturaux. J’ai ensuite fait une petite sélection, ce qui a donné au final un résultat plutôt pas mal, je pense. Bien sûr, je ne montrerai ici que les photographies que je juge intéressantes pour l’œil et non celles purement « touristiques » (je pense notamment à mon passage au musée de Madame Tussauds et ma visite du USS Intrepid, pour lesquels les photos ne sont pas particulièrement captivantes).

L’architecture de New York, j’aurais envie de la qualifier d’hybride, car l’ancien (XVIIIe – début XXe siècle) est mélangé au moderne. J’avais aussi remarqué cela lors de mon voyage à Boston, il y a deux ans (c’est peut-être le cas pour la plupart des grandes villes de la Nouvelle-Angleterre). J’ai tenté différentes prises de vues, des photos en format « paysage » et « portrait », des photos carrées (format 1:1), etc. Malheureusement, la météo nous a donné un beau ciel blanc ou gris sur toutes les photos où on peut le voir.

 

Format portrait

 

 

Format 1:1

 

 

Architecture « ancienne »

 

 

Pigeons !

 

 

Histoire et développement de Charlesbourg

Avant que vous ne commenciez la lecture de cet article, j’aimerais souligner que je l’avais commencé il y a très longtemps déjà, mais que je ne l’avais jamais terminé pour des raisons s’apparentant à la procrastination. Toutefois, c’est un article que j’aimais bien malgré son état inachevé, et le sujet m’intéresse tout autant. C’est pourquoi je décide aujourd’hui de le publier, et peut-être un jour écrirai-je la deuxième partie ? Tout cela pour vous avertir de ne pas être surpris de la brusque fin. Bonne lecture !

 

Étymologie

D’où vient le nom Charlesbourg ? Depuis longtemps je me pose la question, mais jamais je n’ai véritablement cherché de réponse. Bien que le nom se prononce généralement en trois syllabes, nous pouvons aisément déceler deux mots qui forment le nom de cet arrondissement de la ville de Québec : Charles et bourg. Dans un livret d’informations de la paroisse Saint-Charles-Borromée, on peut lire : « La première chapelle construite au Bourg-Royal fut dédiée à Saint Charles-Borromée. Le nom de l’endroit fut donc « Charlesbourg »¹. » Sur le site de la Commission de toponymie du Québec, on lit également : « Le nom Charlesbourg, mentionné en 1666 dans les registres d’état civil, rappelle que la première chapelle avait été construite au Bourg-Royal et dédiée à saint Charles Borromée (1538-1584)². »

L’un tire probablement sa source de l’autre, mais cela semble confirmer l’origine du mot. Autre fait intéressant, sur une carte de 1709 de la ville de Québec, il y est écrit Charlebourg, sans « s ». On peut donc noter la légère évolution de la graphie de ce nom.

Histoire

Les débuts

Je vais prendre pour acquis que vous savez déjà que la ville de Québec fut fondée en 1608 (par Champlain). Sinon, voilà que je vous l’apprends. Même si cette année ne marque pas « vraiment » le commencement de la Nouvelle-France, elle marque tout de même le début de la colonisation de l’Amérique française.

On sait (du moins j’ai trouvé) bien peu de faits sur le territoire de Charlesbourg d’avant 1663, d’abord parce qu’il n’y a en effet rien à trouver. Avant que l’arrière-pays n’ait été défriché, il n’y avait vraisemblablement rien du tout sinon, d’après moi, quelques amérindiens et coureurs des bois de passage.

L’« histoire » commence tout de même en 1626, précisément le 10 mars, lorsque la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, qui s’étend — d’ouest en est — de l’actuelle autoroute Laurentienne jusqu’à la seigneurie de Beauport, est concédée par Henri de Lévis, alors vice-roi de la Nouvelle-France, aux célèbres Jésuites.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre cette date et 1663, peut-être rien du tout, peut-être quelques petites choses, mais cette-dernière année fut décisive pour la Nouvelle-France, qui devient une « province royale », selon l’édit du roi Louis XIV. Parmi les changements importants, celui de l’obligation de se regrouper en bourgs et villages, entre autres pour « contrer la menace iroquoise »³, car le système de rangs qui était en vigueur à l’époque ne « favorisait pas la création de noyaux communautaires », dit-on dans le Musée virtuel du Canada.

Ainsi furent créés trois petits villages situés dans l’arrière-pays, au nord de la citadelle de Québec. L’Auvergne (ou la Petite-Auvergne), Bourg-Royal et Charlesbourg, ce dernier étant le sujet de l’article.

Les premières concessions se font dans le Trait-Carré, ce qu’on appelle également aujourd’hui l’« arrondissement historique de Charlesbourg », en l’année 1665.


  1. http://pscb.ca/Chronologie-01.pdf (lien brisé), à noter qu’au moment de la rédaction de cette partie, le lien fonctionnait.
  2. COMISSION DE TOPONYMIE DU QUÉBEC. « Charlesbourg : Origine et signification », http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=378880, 27 février 2003.
  3. À vrai dire, dans les années 1660, les Iroquois ne semblaient plus habiter le territoire. Des villages comme Hochelaga ou Stadaconé ont existé dans la vallée du Saint-Laurent, comme l’a témoigné Jacques Cartier lors de ses voyages de 1535-1536 et de 1541-1542. Toutefois, à l’arrivée de Champlain et selon celui-ci, il n’y avait plus de bourgade à Québec. Dans les années 1640 et 1650, je sais que le développement de Montréal (alors Ville-Marie) était ralenti par les attaques iroquoises. Les Mohawks (alors appelés « Agniers »), une nation iroquoise, habitaient dans la région du sud de Montréal. Bref, je ne sais pas s’il y avait encore des Iroquois dans le coin de la ville de Québec en 1663, mais ils semblaient encore représenter une menace.

 

BIBLIOGRAPHIE

COMISSION DE TOPONYMIE DU QUÉBEC. « Charlesbourg : Origine et signification », http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=378880, 27 février 2003.

LÉGARÉ, Denyse. « Histoire de raconter : les premières familles de la paroisse de Charlesbourg », Itinéraires histoire et patrimoine, 2007.

MUSÉE VIRTUEL DU CANADA. « Le Trait-Carré de Charlesbourg : l’unique village en étoile du Canada », http://www.virtualmuseum.ca/sgc-cms/expositions-exhibitions/village_etoile-star_village/fr/index.php, 2009.

IMAGES

« Image à la une » : carte du gouvernement de Québec levée en l’année 1709 par les ordres du Comte de Ponchartrain / par le Sr. Catalogne ; et dressée par Jean Bte Decoüagne, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b5968946w/f1.item.zoom, domaine public.

Îles de la Madeleine et photographie amateure

« Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange. » – Bill Brandt (1904-1983)

J’ai découvert les photographies de Bill Brandt il y a très peu longtemps. Outre ses magnifiques œuvres, il y a en cette citation une touchante réalité. Même si j’ai goûté quelques fois, particulièrement aux Îles de la Madeleine, au domaine de la photographie, je ne ferai probablement jamais de ce loisir un travail. Mais encore, j’ai déjà essayé de « faire » précisément ce que M. Brandt mentionne : « voir plus intensément que la plupart des gens », « garder […] la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ». Selon lui, tout photographe devrait, autrement dit, avoir la capacité d’être émerveillé par tout. Et je partage tout-à-fait ce point de vue (ce n’est pas pour rien que j’ai nommé mon blogue « Le Contemplateur ») ; même que tout le monde, photographe ou non, devrais même à l’âge adulte garder ce « quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ».

La comparaison avec le voyageur est intéressante aussi, car une personne qui voit le même paysage pendant dix ans, peut finir par ne plus l’admirer ; mais un voyageur qui découvre ce lieu pour la première fois sera sans doute enchanté. C’est ce que j’ai vécu durant mon petit périple aux Îles. J’y ai expérimenté la photographie et ce sentiment à la fois.

Sans toutefois que les Îles soient « un pays étrange », elles possèdent tout de même une situation particulière – archipel perdu au milieu du Golfe du Saint-Laurent – et un relief impressionnant par rapport au reste du Québec. Non pas impressionnant dans le sens de montagneux, mais plutôt très inhabituel. Voir des conifères de quelques mètres de haut seulement (alors qu’il n’y en a normalement que dans le Nord du Québec) des centaines de kilomètres de plages composées d’un sable divinement doux, des collines dénudés à perte de vue sur lesquelles tout paraît très près et très loin à la fois… Toutes ces particularités rendent l’ambiance des lieux magique et charmante.

Bon, revenons-en au sujet de l’article, quand même ! Beaucoup de mes photographies sont dues à la chance (du débutant ?). La chance que telle chose soit placée à tel endroit pendant la prise, ou que tel animal fasse tel mouvement. En une semaine, j’ai pris environ 600 photos et de ce nombre j’ai fait une sélection d’environ 100 photos. Dans cet article je vous en montrerai quelques-unes seulement, sinon il serait beaucoup trop long.

Robert Doisneau (autre photographe célèbre) a dit, un jour, « Suggérer, c’est créer. Décrire, c’est détruire. » Je me contenterai donc de décrire brièvement le contexte de la prise de la photographie sans toutefois l’analyser à votre place…

1. L’hippocampe de sable

Commençons par une photo qui ne décrit pas vraiment les Îles… Tout ce que je sais à propos de cette curieuse petite structure de sable (haute d’environ 1,5 cm), c’est qu’elle est formée par le vent. Lorsque son souffle est fort et constant, il est presque possible de voir le phénomène à vue d’œil. On m’a fait remarqué que cela ressemblait à une tête d’hippocampe, voilà donc d’où vient le nom de la photo. D’ailleurs, je ne donne des noms à mes photographies que car cela m’amuse bien, pas nécessairement parce que je les utiliserais dans un quelconque portfolio ou je-ne-sais-quoi…

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2. Étincelle solitaire

Celle-là, pour parler « en bon québécois », me fait capoter ! Je ne sais pas quelles étaient les chances qu’une – et une seule – étincelle sorte du foyer, mais c’était extraordinaire. Bien sûr, ce n’était pas la seule photo prise lors de notre petit feu de foyer (j’en avais pris plusieurs pour m’amuser à voir la forme que prendraient les flammes), mais cette photo en particulier était véritablement inattendue !

La ligne lumineuse est due à la durée d’exposition de la photo.

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3. Champ de poteaux

J’aime bien cette photo, car avec le point de vue que j’avais, cela donne l’impression qu’il y avait un nombre infiniment grand de poteaux. Et le temps grisâtre ajoute une lourde atmosphère… (Ah, vais-je trop dans l’analyse, là ?)

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4. La Lune après le coucher du soleil.

Tout est dans le titre. J’aimais bien le dégradé entre le orangé, presque couleur saumon, de l’horizon et le bleu-gris du ciel plus haut.

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Voilà pour ces quelques photos commentées. Je mets le reste en galerie, sinon je passerai des mois à toutes les annoter :

 

Voilà, j’espère que vous avez apprécié mes petites photographies bien modestes, je vous dis donc à la prochaine pour un nouvel article (je ne sais pas quand par contre) !